La précision du texte

Écrire pour être lu, c’est structurer, avec délicatesse, une idée avant de la partager. Transmettre un message implique une clarté de la pensée portée par une respiration ponctuée.

Faim cérébrale et « infobésité »

Mine de rien, la surinformation a envahi nos vies. Les rédactions convoquent le tout-puissant référencement pour exister et la toile regorge de sujets perfusés aux critères SEO (Search Engine Optimisation).
Le cerveau humain a soif de connaissance et la production de contenus — tous supports confondus — provoque un certain vertige. Au-delà de cet horizon, le lecteur découvre parfois le vide ; il reste sur sa faim.

Paroles de lecteur : « J’ai lu et je suis déçu. J’ai cliqué pour rien sur l’article… J’ai perdu mon temps… C’était la même chose, la dernière fois que j’ai acheté un livre au titre racoleur : l’essentiel tenait en cinquante pages sur deux cent cinquante de circonvolutions. Je préfère lire moins et sentir que l’auteur s’adresse à quelqu’un d’autre que lui, avec un minimum de correction, et surtout qu’il n’écrit pas uniquement pour flatter son ego. »

Paroles de rédacteur : « Produire des articles au kilomètre, ça n’intéresse personne.
Les algorithmes savent collecter des données, des chiffres, c’est plutôt une bonne nouvelle pour la profession. Dès qu’il s’agit d’analyser en profondeur et de nuancer, l’intelligence humaine reste irremplaçable. Les correcteurs automatiques se retrouvent en difficulté devant une phrase complexe. La subtilité de l’expression, le second degré leur échappe et il arrive souvent qu’ils n’identifient pas le sujet… Ils sont utiles pour traquer les répétitions, même s’ils manquent de précision. »

Éloge de l’équilibre

Contre le verbiage — « flot de paroles superflues masquant la pauvreté de la pensée, selon Larousse » — se dresse un indicateur infaillible : la sensation de satiété du lecteur.
Quand le fond et la forme se complètent avec justesse, le pouvoir des mots amplifie le plaisir de lire.

Véronique Stefanelli, rédactrice pour Les Associées.